Le Procès Pelicot à Avignon : une nuit de lectures face à la violence judiciaire
Présenté au Festival d’Avignon le vendredi 18 juillet 2025, Le Procès Pelicot proposait une lecture scénique d’éléments issus du procès de Mazan. Conçu par Milo Rau et Servane Dècle, cet événement gratuit au Cloître des Carmes associait théâtre, parole judiciaire et réflexion collective sur les violences faites aux femmes. La représentation était aussi accessible en direct en ligne et par retransmission collective.
Une soirée de théâtre du réel autour du procès de Mazan
Le Procès Pelicot n’était ni la reconstitution d’un procès ni une fiction inspirée de faits divers. La forme retenue était celle d’une nuit de lectures : interrogatoires, plaidoyers, commentaires et textes liés aux audiences composaient une dramaturgie documentaire. L’objectif était de faire entendre la matière judiciaire sans la transformer en récit sensationnaliste.
Le spectacle s’inscrivait dans l’édition 2025 du Festival d’Avignon, dans une ville où s’était tenu le procès. Cette proximité géographique donnait une résonance particulière à la représentation. Le théâtre ne déplaçait pas l’affaire dans un décor abstrait : il la ramenait dans l’espace public, avec la distance et le cadre propres à la scène.
Un procès devenu une question collective
Le procès de Gisèle Pelicot, lié à l’affaire des viols de Mazan, s’est déroulé du 2 septembre au 19 décembre 2024. En choisissant la publicité des débats, Gisèle Pelicot a contribué à déplacer le regard : la honte et le silence ne devaient plus peser sur la victime, mais interroger les auteurs des violences et les mécanismes qui les rendent possibles.
La représentation ne cherchait donc pas uniquement à raconter une affaire. Elle abordait les rapports entre domination, banalisation du viol, justice, écoute de la parole des victimes et responsabilité sociale. Ce cadre expliquait la présence, aux côtés des artistes, de personnes issues du droit, du journalisme, de l’expertise et de la société civile.
Milo Rau et Servane Dècle : faire entendre plutôt que rejouer
La recherche, l’écriture et la mise en scène étaient portées par Milo Rau et Servane Dècle. Leur travail reposait sur une question délicate : comment transformer des archives judiciaires en expérience théâtrale sans confondre intensité artistique et spectacularisation de la violence ? La réponse passait par la lecture, la pluralité des voix et la contextualisation des documents.
Une distribution collective, au-delà des seuls comédiens
Selon Radio France, environ 50 acteurs et personnes de la société civile participaient au projet. Cette ampleur évitait de réduire le procès à une relation entre quelques personnages. Avocats, journalistes, experts, associations et interprètes formaient un ensemble de voix, à l’image de ce qui traverse une audience : faits, langage juridique, analyse, sidération et prise de position.
Une telle distribution évite aussi de créer un héros unique ou une image définitive des personnes concernées. Chaque lecture rappelle qu’un procès repose sur des documents, des paroles contradictoires, des procédures et des silences. Le théâtre peut alors devenir un espace d’écoute plutôt qu’un lieu de consommation émotionnelle.
La racine judiciaire d’une parole scénique
Un procès possède une dimension souvent invisible : son vocabulaire. « Interrogatoire », « expertise », « plaidoirie » ou « audience » peuvent sembler techniques, mais ces mots organisent concrètement la manière dont une société nomme les faits et reconnaît les préjudices. En les faisant circuler sur scène, la lecture théâtrale aide le public à entendre ce que le langage judiciaire éclaire, mais aussi ce qu’il peine parfois à contenir : l’emprise, la peur, le traumatisme et la reconstruction.
Les informations pratiques de la représentation à Avignon
| Élément | Information |
|---|---|
| Date | Vendredi 18 juillet 2025 |
| Horaire annoncé | 22 h |
| Lieu | Cloître des Carmes, Avignon |
| Langue | Français, avec surtitres mentionnés sur la fiche officielle |
| Accès | Gratuit, dans la limite des places disponibles |
| Dernier accès | 15 minutes avant le début |
Le Procès Pelicot : la page officielle de l’événement — Découvrez la nuit de lectures du Festival d’Avignon consacrée à l’affaire Gisèle Pelicot et à ce procès historique.
La fiche du Festival d’Avignon annonçait une durée de 3 heures. Une durée de quatre heures a également été évoquée dans un article critique du Monde. Pour organiser son arrivée ou suivre la retransmission, il était donc préférable de prévoir une soirée longue, avec une marge au-delà de l’horaire initial.
La représentation était annoncée en français, avec des surtitres mentionnés sur la fiche officielle. Le dernier accès devait avoir lieu 15 minutes avant le début. Ce détail concernait directement les spectateurs présents au Cloître des Carmes, tandis que le direct et la retransmission permettaient de suivre la soirée depuis un autre lieu.
Billet gratuit, direct et retransmission : les trois accès possibles
La représentation au Cloître des Carmes était gratuite, mais l’entrée dépendait du nombre de places disponibles. La distribution était annoncée le 17 juillet à 21 h, à raison d’un billet par personne. La gratuité ne signifiait donc pas une réservation illimitée : elle permettait d’ouvrir l’événement au public tout en respectant la capacité du lieu.
| Mode d’accès | À retenir |
|---|---|
| Sur place | Billet gratuit, distribution limitée, un billet par personne |
| Direct en ligne | Diffusion annoncée sur festival-avignon.com et telerama.fr |
| Retransmission collective | Projection dans les cinémas Utopia, 4 rue des Escaliers Sainte-Anne |
Le direct en ligne constituait une solution pour les personnes qui ne pouvaient pas se rendre à Avignon ou ne trouvaient pas de place. La diffusion était annoncée sur le site du Festival d’Avignon et sur telerama.fr. Il était donc possible de suivre la lecture à distance, depuis le lieu et l’équipement de son choix.
La retransmission en salle proposait une autre expérience collective. Les spectateurs pouvaient suivre les lectures avec d’autres personnes, sans être physiquement présents au Cloître des Carmes. Elle élargissait l’accès à la représentation tout en conservant une dimension publique, adaptée à un spectacle fondé sur l’écoute et la mise en commun d’une parole judiciaire.
Ne pas confondre le spectacle avec la rencontre autour du livre de Gisèle Pelicot
Le Festival d’Avignon proposait aussi un événement distinct, Autour du livre de Gisèle Pelicot, avec Gisèle Pelicot et Judith Perrignon. Cette rencontre littéraire ne correspondait pas à Le Procès Pelicot. Elle prolongeait la réflexion sous une autre forme, à partir d’une parole personnelle et d’un travail de récit.
Son déroulé annoncé prévoyait l’ouverture des portes à 18 h, le Chant des déferlantes à 18 h 45, puis la rencontre à 19 h 30, pour une durée de 1 h 30. Cet événement devait donc être distingué de la représentation du 18 juillet au Cloître des Carmes, tant par son format que par ses horaires.
Pour retrouver les pages de programmation, les éventuelles rediffusions et les informations actualisées, le point d’entrée le plus fiable reste le site officiel du Festival d’Avignon.
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